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PSI Story

Le PSI c'est une drôle d'histoire...

En octobre 1985, Pierre Lasne créa à Sète, avec son épouse, une Agence de Communication : l'Agence loisirs-services PUZZLE.
L'idée était la suivante : Vous avez un problème ? Une idée à mettre en pratique ? Vous voulez organiser un anniversaire original ?... Quel que soit votre souci, contactez l'agence Puzzle. Le deal est simple. Si nous trouvons la solution à votre problème, si nous mettons en pratique votre idée, si nous organisons votre anniversaire, bref, si vous êtes satisfait de nos services vous serez facturé de 150 frs HT par service rendu.

Un peu de Pub dans le journal local, sur la radio libre RTS et le succès fut immédiat. Vous en voulez vous, des problèmes à résoudre, des idées à mettre en pratique, des anniversaires à organiser !

Exemples : "Bonjour, je sais pas remplir ma feuille d'impôts !" "Je voudrais acheter une remorque..." "Mon mari me poursuit pouvez-vous me cacher ?" " Je cherche un appartement à louer" " J'ai une maison à vendre " "Ma femme a 40 ans la semaine prochaine, je cherche une idée originale" " Pouvez-vous m'organiser mes vacances de Noël ?" "Vous connaissez un plombier ?" "Je voudrais écrire une lettre d'amour..." "J'ai besoin d'une lettre de motivation" "Je suis en pleine dépression, je ne parviens plus à rire, faites-moi rire !" "J'ai besoin d'un diplôme d'écailler"...

Et un jour, IL entra dans l'agence et dit :
- Bonjour, je m'appelle Robert Garcia, je suis directeur de la communication à la mairie de Sète et je viens de démissionner. Je voudrais créer un journal satirique gratuit à Sète. Mon beau père, Francis Layrolle, a fait une maquette. La voilà !

 

Le PSI c'est une drôle d'histoire... - Pierre Lasne Communication

Naissance du Journal

Naissance du Journal - Pierre Lasne Communication

Le principe de l'Agence Puzzle étant d'examiner tous les problèmes et de tenter d'y apporter une solution, une étude de marché et de faisabilité fut réalisée. Les conclusions de l'étude étaient claires : "Faire un journal gratuit à Sète est complètement suicidaire..." La décision fut donc prise de tenter le coup. Robert Garcia et Pierre Lasne associérent leurs efforts, s'adjoignirent les services de quelques bénévoles (Jean Louis Zardoni en tête) et surtout du fameux beau-père dessinateur génial, Francis Layrolle, dont les dessins à la Dubout apportaient à eux seuls un cachet unique et inimitable à la nouvelle revue. Anne Marie Lasne se chargea du côté administratif.

Le premier numéro du PSI sortit en Janvier 86. Il fut baptisé au "Bistrot des bains" et reçu même la bénédiction de l'adjointe au maire à l'animation de l'époque : Maguy Cavalier.
C'est un mensuel, gratuit, plein de pub, de pagnolades, d'histoires de "baraquettes" incompréhensibles pour un Montpelliérain, et distribué aux quatre coins de la ville dans tous les centres névralgiques. C'est un succès immédiat. Les annonceurs se bousculent. Les rédacteurs se marrent. On se paie la tête du maire, de l'opposition, de machin, de truc, tout le monde en prend. C'est une sorte de Canard Enchaîné local. Le ton caricatural, l'humour caustique et la dérision enchantent tous les sétois. Tous les sétois ? Non... Le Maire grince un peu des dents, et fait mine d'ignorer pour l'instant ce "torchon". Mais Yvounet comprendra très vite que ce mensuel devient rapidement un "mal" nécessaire à une certaine idée de la démocratie et de la liberté d'expression qu'il défend lui-même depuis toujours. Non, ce ne sont pas les Politiques locaux mis en boîte qui vont poser problème, ni même les notables brocardés, ce sont ceux qui n'auraient jamais dû émettre la moindre protestation : les "vrais" journalistes de la page locale d'un grand quotidien du midi, qui, après avoir saluéironiquement la naissance d'un nouveau confrère dans leurs colonnes, vont tout faire pour que ce "nouveau gratuit" disparaissent à partir du Deuxième numéro. En accusant par exemple le PSI d'être essentiellement rédactionnel et "gratuit" et donc déloyal et hors la loi selon la déontologie journalistique.
Très sincérement, ni Robert Garcia, ni Pierre Lasne ne pensaient à l'époque que les sétois paieraient pour se procurer leur magazine de potaches. Pour éviter un procès initié par les journalistes cités plus haut, il fut décidé de vendre le PSI et de le vendre au même prix que le Grand Quotidien du Midi. Gérard Limon, distributeur exclusif de la Presse à Sète accepta de distribuer le PSI. Et stupéfaction, le deuxième numéro, entre les ventes en kiosques et surtout les abonnés inscrits en masse, se vendit à plus de 2000 exemplaires !
Pour une ville de 35.000 habitants, vendre un journal à 2000 exemplaires, ça veut dire : 8000 lecteurs. Et 8000 lecteurs c'est quelque chose !
Pourtant, quelques mois plus tard, Robert Garcia quitta le journal pour devenir chef de cabinet de député socialiste, laissant le PSI, les abonnés, les dettes à Pierre Lasne... Qui, la colère passée décida de passer à la vitesse supérieure. Nouveau format, nouvelles rubriques, nouveau style, nouvel imprimeur, nouveaux collaborateurs, nouveaux dessinateurs et surtout toujours, fidèle, Francis Layrolle dont les dessins pérénisèrent l'esprit du journal satirique.

 

 

Les dangers du succès

Les dangers du succès - Pierre Lasne Communication

Le succès du PSI irritait quelques uns qui firent courir le bruit que le Maire était hostile à ce journal. Ce qui eut pour effet immédiat de réduire considérablement le nombre d'annonceurs. Sans la pub, le journal ne pouvait pas être rentable. Pierre Lasne se tourna vers son ami Fabien Ouaki. La société TATI devant ouvrir alors prochainement un magasin à Montpellier, il paraissait tout à fait judicieux pour le nouveau PDG d'acheter de la pub dans un journal lu exclusivement qu'à Sète...

 

 

Les PSI d'or

Les PSI d'or - Pierre Lasne Communication

Il ne restait plus qu'à prouver que contrairement aux rumeurs, Yvounet n'était pas hostile à ce canard qui faisait de lui, mine de rien, un personnage populaire... Pierre Lasne, avec l'aide de son équipe, d'André Pagano, du Big Band d'André Bermond, de Pierre Nocca et de la complicité de tous ceux qui étaient chahutés dans son journal, organisa les PSI d'OR... Ce fut une soirée pastiche des Oscars et autres Césars qui fit le plein à la Salle Georges Brassens. On y vit même Fabien Ouaki et les Blues Brother's !

Ce fut une soirée très réussie...
Très chaleureuse...
Très drôle...
Très sétoise...

Tout naturellement, les participants s'attendaient à ce qu'un grand Quotidien du Midi en parle, ne serait-ce qu'en entrefilet, dans ses colonnes, le lendemain...

 

 

PSIQUO et sabordage

PSIQUO et sabordage - Pierre Lasne Communication

Pour palier à cette désinformation, il fut donc décidé de créer, parallèlement au PSI (mensuel) un quotidien : LE PSIQUO.
De nouveaux collaborateurs apparurent : Philippe Sans, Pascal Nadal, Manu Pérez et... tous les sétois désireux de s'exprimer librement et non anonymement.

L'événement fut salué par le journal LE MONDE. France 2 envoya une équipe de tournage à Sète. François Liberti, Honoré Gévaudan, Claude Combas, Jean Pierre Lacan, Michel Trenquier, et, bien sûr, Pierre Lasne furent interviewés tour à tour, pour dire tout le bien ou tout le mal qu'ils pensaient de cette initiative... Curieusement, le sujet n'est jamais passé... Bizarre !
A partir de là, les événements vont se précipiter. Vitrine de l'agence du journal explosée, pneus crevés, enfants menacés... et une sale affaire de détournement de fric dont furent victimes, entre autres, une association sportive de volleyball sétois, un directeur d'agence caisse d'Epargne et... Fabien Ouaki.
Pierre Lasne se trouva devant un dilemne !
Tout raconter dans son journal ?
Ou se taire ?
Ne voulant pas terminer sa vie les pieds dans le ciment et au fond du canal royal, il décida de se taire et de saborder son PSIQUO et son PSI. Il venait de toucher les limites de ce qu'il est convenu d'appeler : La Liberté d'Expression. On était en avril 93. Pendant quelques mois, Pierre Lasne revint à son premier métier et fit du piano-bar un peu partout. En octobre 93, Fabien Ouaki lui proposa le poste de Directeur de la Communication du Groupe TATI. Il accepta et alors commença une autre aventure, en janvier 1994..